Dans un environnement fiscal et social en constante évolution, l’information ne suffit plus : il faut savoir l’analyser, la hiérarchiser et en mesurer les impacts concrets.
Chez Fidu, la veille réglementaire fait partie intégrante de notre engagement auprès des dirigeants. Chaque nouvelle loi, chaque ajustement technique, chaque évolution sociale est étudiée avec un objectif clair : permettre à nos clients d’anticiper, de sécuriser leurs décisions et d’optimiser leur stratégie.
Julie Mardjoeki-Cabrol, Directrice associée du site Fidu Toulouse, partage son analyse des principales évolutions 2026 et décrypte les points de vigilance à intégrer dès aujourd’hui dans le pilotage de l’entreprise.
Comment organisez-vous la veille réglementaire pour anticiper les évolutions qui impactent vos clients ?
La veille réglementaire est une composante stratégique de notre organisation.
Au sein de notre commission technique et réglementaire nous analysons chaque nouvelle disposition avec une question simple en tête : qu’est-ce que cela change concrètement pour nos clients ?
Nous étudions bien sûr le texte sur le plan technique, mais surtout sous l’angle de ses impacts réels : trésorerie, fiscalité, organisation sociale ou structuration patrimoniale.
Notre rôle consiste ensuite à transformer une norme parfois dense en lecture décisionnelle claire. Nous identifions les entreprises concernées, mesurons les effets financiers et déterminons s’il est nécessaire d’ajuster une stratégie en cours. L’objectif est toujours le même : permettre au dirigeant d’anticiper, plutôt que de subir.
Quelles mesures 2026 auront un impact immédiat sur la trésorerie ou la stratégie des entreprises ?
En 2026, quatre mesures vont avoir un impact direct sur la trésorerie et les orientations stratégiques des entreprises.
La première concerne la généralisation de la facturation électronique dès le 1er septembre 2026, qui oblige les entreprises à se mettre rapidement en conformité.
Vient ensuite la prolongation jusqu’en 2029 de la déductibilité fiscale de l’amortissement du fonds de commerce, un levier qui facilite le financement des reprises.
Dans le même esprit, les sociétés implantées dans les Quartiers Prioritaires de la Ville pourront profiter d’un nouveau dispositif d’exonération d’impôt sur les bénéfices, visant à stimuler projets et investissements locaux.
À l’inverse, l’abandon de la baisse prévue de la CVAE prive les PME industrielles d’un allègement de charges attendu.
Ces évolutions nécessitent une révision rapide des prévisionnels et des choix d’implantation.
Plusieurs dispositions concernent la transmission et la structuration patrimoniale (holding, Pacte Dutreil, cession de titres…). Quels points de vigilance les dirigeants doivent-ils intégrer dès aujourd’hui dans leur réflexion ?
La loi de finances 2026 renforce les enjeux autour de la transmission et de la structuration patrimoniale, alors que l’année s’annonce comme un tournant pour la fiscalité des dirigeants et la stratégie des holdings.
D’abord, la nouvelle taxe de 20 % sur certains actifs non professionnels détenus via des sociétés impose une vigilance particulière. L’enjeu n’est pas la holding elle‑même, mais sa composition : les actifs non directement affectés à une activité opérationnelle, tels que l’immobilier patrimonial ou les placements financiers, peuvent désormais entraîner une taxation si la société génère une part significative de revenus passifs. Les dirigeants doivent donc revisiter la proportion entre actifs professionnels et patrimoniaux, car une holding historiquement opérationnelle peut, sans stratégie explicite, avoir basculé vers une logique de gestion privée.
Ensuite, le Pacte Dutreil est recentré : seuls les actifs strictement professionnels restent éligibles, rendant impératif un audit précis avant toute transmission.
Par ailleurs, le régime d’apport‑cession se durcit : les obligations de réinvestissement augmentent et la durée de conservation des nouveaux titres s’allonge, ce qui oblige à anticiper trésorerie et calendrier d’opérations.
En parallèle, l’arrivée de l’amortissement en location nue, une révolution fiscale attendue depuis plus de 10 ans, et le renforcement du déficit foncier rebattent profondément les cartes de la stratégie patrimoniale immobilière. Ces dispositifs offrent aux bailleurs de nouvelles opportunités pour optimiser leurs revenus fonciers, à condition de maîtriser toutes les conditions d’application.
Enfin, la CDHR, prolongée, renforce la pression fiscale sur les hauts revenus. Les dirigeants concernés doivent intégrer son impact dans leur stratégie globale, notamment lorsqu’ils arbitrent entre rémunération, dividendes et revenus patrimoniaux.
En résumé, 2026 impose un véritable diagnostic stratégique, portant sur la composition des holdings, la nature des revenus, la structuration immobilière et l’anticipation des opérations de transmission.
Les évolutions sociales récentes traduisent-elles un durcissement du cadre réglementaire pour les employeurs ?
On observe effectivement un renforcement du cadre social.
La contribution patronale sur certaines ruptures conventionnelles ou mises à la retraite augmente, ce qui renchérit mécaniquement le coût des départs. Pour une PME, l’impact budgétaire peut être significatif et doit être intégré dans la gestion prévisionnelle des effectifs.
Les majorations en cas de travail dissimulé sont également relevées, traduisant une volonté accrue de sécurisation des déclarations sociales.
Enfin, l’évolution des règles relatives aux arrêts maladie et à l’emploi des seniors implique une gestion RH plus structurée, y compris dans les petites entreprises.
La conformité sociale n’est plus uniquement une obligation réglementaire : elle devient un enjeu de pilotage et de sécurisation.
Dans un environnement législatif de plus en plus technique, comment Fidu transforme-t-il cette veille en valeur ajoutée pour ses clients ?
Notre rôle est d’apporter de la visibilité et de la méthode.
Chaque évolution réglementaire donne lieu à une analyse personnalisée. Avec le dirigeant, nous nous posons des questions très concrètes :
Faut-il ajuster sa politique de rémunération ? Revoir une stratégie de financement ? Anticiper une transmission ? Sécuriser certaines pratiques sociales ?
Nous intégrons systématiquement la dimension fiscale, sociale, juridique et patrimoniale dans une vision globale de l’entreprise.
La valeur ajoutée des cabinets Fidu réside dans cette capacité à relier la norme juridique à la stratégie, afin que le dirigeant décide avec clarté et cohérence.
Parce qu’au-delà des textes, c’est la capacité à décider avec clarté et cohérence qui fait la différence.
Julie Mardjoeki-Cabrol
Directrice Associée
Fidu Toulouse